La longueur de l’attente : l’exemple de Jacob et Joseph
Dans l’histoire biblique, l’attente peut se révéler longue et pénible. Lorsque les fils de Jacob lui annoncent que Joseph est encore en vie et qu’il gouverne tout le pays d’Égypte, Jacob peine à y croire. Son cœur, endurci par des années de douleur et de deuil, reste fermé à la joie de la bonne nouvelle : « Joseph vit encore, et même c’est lui qui gouverne tout le pays d’Égypte. Mais le cœur de Jacob resta froid, parce qu’il ne les croyait pas. Ils lui rapportèrent toutes les paroles que Joseph leur avait dites. Il vit les chars que Joseph avait envoyés pour le transporter. C’est alors que l’esprit de Jacob, leur père, se ranima; et Israël dit: C’est assez! Joseph, mon fils, vit encore! J’irai, et je le verrai avant que je meure » (Genèse 45:26-28).
Le jour où une promesse est donnée est souvent vécu comme un temps de grâce, un moment de joie où la parole de Dieu, source de toute bénédiction, est reçue avec foi. Cependant, sur le chemin menant à l’accomplissement, Dieu donne parfois des indices, mais laisse rarement entrevoir le temps exact de la réalisation.
Joseph, un exemple de persévérance dans l’attente
Joseph avait 17 ans lorsqu’il fut vendu par ses frères, et il accéda à une position de pouvoir en Égypte à l’âge de 30 ans. Selon ses propres paroles, la famine sévissait alors depuis deux ans, et elle devait encore durer cinq ans (Genèse 45:6). Cela signifie que 22 années se sont écoulées entre la vente de Joseph et sa révélation à ses frères. Pendant tout ce temps, Jacob a enduré une profonde souffrance, croyant son fils bien-aimé mort. Lorsque la nouvelle de la survie de Joseph lui parvient enfin, son cœur, trop meurtri, peine d’abord à accepter cette vérité. L’attente prolongée a durci son cœur, le rendant insensible à la joie.
De la même manière, lorsque l’attente d’une promesse s’éternise, il peut arriver que notre propre cœur se refroidisse, et que l’espérance cède la place au doute.
La fidélité de Dieu malgré nos attentes
Pourtant, quelle que soit la durée ou la difficulté de l’attente, Dieu demeure fidèle et agit en son temps. Son intervention ne correspond pas toujours à nos attentes ou à notre compréhension. Qui aurait cru que Dieu élèverait Joseph en passant par l’exil et la prison ? Comme le rappelle Ésaïe : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Éternel » (Ésaïe 55:8).
L’attente dans la vie des patriarches
Ce principe se retrouve également dans la vie de ceux qui nous ont précédés. Noé, par exemple, avait 500 ans lorsque son histoire débuta, et le déluge ne survint que cent ans plus tard. Il fallut une foi inébranlable pour attendre la réalisation de la parole de Dieu pendant des décennies.
Abraham reçut la promesse de devenir une grande nation à l’âge de 75 ans, mais son fils Isaac, l’enfant de la promesse, ne naquit que 25 ans plus tard. Isaac lui-même dut attendre 20 ans après son mariage avec Rebecca avant de voir naître ses fils Jacob et Ésaü.
La récompense d’une attente persévérante
Espérer contre toute espérance exige une foi solide, une assurance profonde dans la fidélité de Dieu. Toutefois, le fruit d’une attente fervente se révèle toujours précieux et bon.
Que faire alors ?
Saisir l’attente comme une opportunité d’action
1. Garder la foi malgré les délais
L’attente peut être le creuset où se forge une foi plus solide.
2. Se rappeler la fidélité de Dieu
Cette certitude doit nous pousser à avancer, à poser des actes de foi, même petits, en attendant l’accomplissement de ses promesses.
3. Transformer l’attente en préparation
Comme Noé, Abraham ou Isaac, l’attente peut être un temps de préparation, de croissance intérieure, de maturation de nos projets et de notre caractère. Plutôt que de rester dans l’inertie, utilisons ce temps pour nous former, prier, planifier, et nous préparer à saisir les opportunités quand elles se présenteront.
Je t’invite à noter chaque jour une promesse, une parole ou une conviction qui t’encourage dans l’attente, et relis-les dans les moments de doute.
N’hésite pas à partager avec nous deux actions à mettre en œuvre dès aujourd’hui pour transformer ce temps en une opportunité positive.

Laisser un commentaire